Salon Vivatech 2019
Blockchain,  Influence,  Intelligence Artificielle,  Objets Connectés,  Retail phygital

Vivatech 2019 : le réveil numérique du Luxe

Vivatech qui a clairement rencontré son public est un salon existant depuis 2016 à Paris. L’année dernière, un peu déçue par les innovations très « gadget » des Maisons de Luxe, j’ai décidé d’y retourner pour prendre un peu le pouls de la digitalisation du secteur du Luxe. Mon constat ? Le Luxe s’est enfin réveillé et la créativité des projets présentés saute aux yeux. Focus sur quelques innovations qui nous ont marquées, Camille & moi.

Luxe et numérique : et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…

Pour se rendre compte de la volonté des Maisons de luxe de s’inscrire dans le virage numérique, il n’y a qu’à voir le stand LVMH. Toutes les startups de son incubateur La Maisons Des Startups à Station F étaient présentes. J’en ai profité pour échanger avec les collaborateurs des Maisons présents et quasiment toutes les Maisons possèdent aujourd’hui un pôle de « transformation digitale ». Cette vidéo postée par la Maison Louis Vuitton où les employés parlent de transformation digitale devrait achever de vous convaincre.

L’horlogerie était l’un des derniers secteurs à se mettre au digital et si vous me suivez un peu, vous savez que ce secteur me tient particulièrement à coeur. Chez Richemont cela fait 4-5 ans que des projets commencent à fleurir, les choses bougent (enfin!).

Pavillon LVMH

Dans le secteur du Luxe, c’était un stand que l’on ne pouvait visuellement pas rater. La disposition en chapiteau laissait place aux innovations internes des Maisons du groupe à l’intérieur et aux startups incubées à l’extérieur. Ainsi, à l’intérieur comme à l’extérieur nous avons repéré quelques innovations assez intéressantes…

Pavillon LVMH Vivatech 2019

Louis Vuitton

Louis Vuitton était clairement la star cette année ! Entre sa collaboration avec Snapchat pour créer des Lenses et ses produits développés en interne, la Maison qui fête cette année ses 165 ans nous a montré sa capacité à innover.

Deux sacs réinterprétés ont été présentés et si vous avez suivi l’actualité sur les réseaux, vous n’avez pas pu passer à côté. Tout d’abord, le sac Keepall dont le tissu a été retravaillé avec des LED, affiche des couleurs modifiables grâce à une application. La Maison a développé tout un storytelling développé autour : un filtre Snapchat disponible uniquement en se prenant en photo devant le photocall et une Lense faisant apparaître le sac en réalité augmentée si on possède une carte distribuée par la Maison.

Filtre Snapchat développé pour Louis Vuitton

Le sac est popularisé tout en restant accessible seulement pour les privilégiés venus au salon Vivatech ; c’est une communication de lancement de produit complètement réussie à mes yeux.

Lense réalitée augmentée Snapchat pour Louis Vuitton

Le second sac possède un écran pour partager des contenus au vu et au su de tous. Vous voulez montrer vos photos de vacances à vos amis mais votre Smartphone ne leur rend pas justice ? Montrez les en grand sur votre sac ! Ce sac peut faire office de réseau social en cas de rencontre avec d’autres personnes qui possèderaient ce même modèle. Une sorte de fil Pinterest affiche communément vos photos quand vous vous rapprochez, qui disparaîtra pour ré-afficher vos photos quand la personne s’éloignera.

L’idée de ce sac, c’est qu’il devienne une plateforme plus mainstream pour que l’on puisse casser la frontière entre qui nous sommes sur les réseaux sociaux et dans la vraie vie.

Katia de Lasteyrie, chef de projet Canvas of the future
Canvas of the future Louis Vuitton

Gadget me direz-vous ? Voyez plutôt la technologie d’un écran souple qui pourra être réutilisée sur n’importe quelle surface rigide ou non pour communiquer ! Le nom de ce projet est d’ailleurs « Canvas of the future ».

Aura

Le projet Aura, dont je vous avais déjà parlé dans mon précédent article sur la Blockchain, était présenté sur le stand avec une démonstration de l’application, pour ma plus grande joie. Devinez quoi ? Le lancement est prévu en septembre 2019 (déjà!) sur l’application client déjà existante LV Pass.

Neos

Le service proposé par cette société permet de faire son shopping sans avoir à passer par la caisse. Ca vous rappelle quelque chose ? Oui, mais Amazon Go propose des boutiques coûteuses à installer avec quasiment plus d’humain pour vous renseigner.

Avec Neos, l’humain reste au cœur de la transaction dans les boutiques. Les conseillers peuvent ainsi se cantonner à proposer du conseil, ce qui est la première attente d’un conseiller de vente. Une simple application permet de scanner les produits, ce qui est bien moins coûteux pour les entreprises.

Le Bon Marché et Sephora notamment ont déjà équipés des boutiques à Paris. Il suffit de chercher à l’entrée de la boutique le logo, télécharger l’appli, renseigner vos coordonnées bancaires et shopper. Les prochains mois devraient fourmiller de projets de ce genre, car ils apportent vraiment quelque chose en termes d’expérience client. Mais aussi pour les conseillers de vente qui peuvent avoir des statistiques sur les produits vendus en temps réel. L’enseigne Monoprix vient de lancer son application dans le même style.

Hublot

Hublot propose un projet déjà déployé qui a remis les pendules à l’heure en termes de conseil client.

Sur une application, le client peut prendre un rendez-vous téléphonique avec un vendeur pour avoir des conseils sur une collection ou les caractéristiques d’une montre. Comme lors d’un appel Skype, on peut montrer un garde-temps avec plus de précisions que sur le site. Il peut aussi lancer une vidéo en modélisation 3D des différents composants de la montre. Le client pourra ensuite téléphoner à la boutique directement pour réaliser son achat s’il est conquis où se rendre en boutique s’il souhaite l’essayer.

Boutique digitale par Hublot

C’est à mes yeux vers ce type d’innovation que le conseil et la vente doivent aller car il enlève beaucoup de painpoints au client. Celui-ci se rassure par la vision précise du garde-temps qu’il souhaite acheter et peut poser directement ses questions au conseiller de vente.

Pavillon Richemont

Jaeger-Le-Coultre

Véritable coup de coeur pour cette innovation déjà mise en place dans certaines boutiques à travers le monde ! Jaeger-le-Coultre a développé avec une agence une vitrine mettant en scène un produit physique avec des informations apparaissant numériquement. En d’autres mots, un système d’opacité de la vitrine permet de faire apparaitre et disparaitre des animations. Des informations sur le garde-temps apparaissent et des textes explicatifs avec des flèches qui incitent le client à interagir avec la vitrine. C’est ce genre d’innovations ultra créatives qui montrent que le Digital et le Luxe ont intérêt à collaborer ensemble.

Vitrines numériques Jaeger-Le-Coultre

IWC

Chez IWC on retrouve un service développé avec Hero qui permet de tisser une vraie relation entre un client et un conseiller. Cela grâce à un chat avec un conseiller de vente dans la boutique la plus proche de chez soi. Si le principe semble simple, la récolte d’informations sur les préférences du client est une source de richesses pour le CRM. Côté client, c’est un gage de retrouver en boutique son conseiller préféré qui saura exactement ce dont il a besoin. Ce type de projet permet une personnalisation ultra pointue, qui est l’essence même du Luxe.

Pavillon l’Oréal

Le groupe rivalise de projets autour de l’intelligence artificielle et cette année c’est l’assistant virtuel coiffeur qui nous a séduites. Une tablette intégrée dans un miroir vous permet de vous voir tout en affichant une assistante sur le côté. Indiquez dans le micro ce que vous souhaitez et votre couleur de cheveux change immédiatement. L’IA comprend des verbatims précis tels que « plus foncé » ou encore « cuivré » et le résultat est bluffant de réalisme.

L’Oréal Hair Assistant virtuel coiffeur

Paris School Of Luxury

Vous avez peut-être déjà entendu parler de l’influenceuse virtuelle développée pour la Paris School of Luxury ? Son petit nom est Gaïa et c’est l’agence Wands qui l’a conçue. Pourquoi des influenceurs virtuels ? La question est plutôt pourquoi ne pas l’avoir fait avant.

La fondatrice de l’agence Murielle Ballayer explique l’essor des influenceurs virtuels par les travers humains. Images très (trop) retouchées, discours faussés par les partenariats, on parle d’un produit pour la rémunération plutôt que par appétence… Un influenceur virtuel est plus transparent et on observe un taux d’engagement très élevé (dès lors que les followers savent que le personnage est virtuel).

Au Japon, des personnes se sont mariées avec Yatsune, influenceuse virtuelle, qui comptabilise 20 millions de followers sur Youtube. L’engagement peut donc aller très loin avec les influenceurs virtuels.

Murielle Ballayer
Gaïa influenceuse virtuelle Paris school of luxury

Selon elle, les marques à l’ère des réseaux sociaux doivent communiquer autrement qu’avec un logo. L’influence permet cette nouvelle forme de communication, plus proche du client. Prenez la Petite Robe noire de Guerlain ou la panthère de Cartier ; ces avatars illustrent parfaitement bien les Maisons qu’ils représentent. Et pour cause, ils ont été façonnés à leurs images et sont attachants aux yeux du public.

En conclusion, toutes ces innovations sont des pas de géant pour le Luxe, qui s’aventure de plus en plus dans le digital. Si tous les projets ne sont pas ultra innovants, ils témoignent d’une réelle envie de créer des choses pour rendre l’expérience client plus personnalisée, fluide et fun !

Nous n’avons malheureusement pas pu tout voir, alors qu’est-ce qui vous a tapé dans l’oeil sur ce salon Vivatech ?

#Horlogerie #Ecommerce #Phygital #Luxe J'écris une thèse : Comment les Millennials changent les codes du Luxe? 💎

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